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L’Agneau du Pilat, une saison à l’état sauvage

D'après un article du Progrès

L’Agneau du Pilat, une saison à l’état sauvage

 

 

 

 

Au GAEC familial l’Agneau du Pilat, on élève des agneaux toute l’année, pour leur viande transformée sur place et vendue en circuits courts. Ici, juste avant l’été, les bêtes quittent leur bergerie de La Terrasse-sur-Dorlay, pour pâturer en estive, durant près de 4 mois, sur les hauteurs du Pilat.

L’été, Cyril Cote se mue en berger, avec ses brebis et agneaux, marchant jusqu’à 10 kilomètres par jour avec son bâton. Photo Progrès/Cerise ROCHET1 /2

La route, ils la font en quad, tous les jours à tour de rôle, depuis un mois et demi. Vingt minutes, en partant de La Terrasse-sur-Dorlay : plus rapide qu’en voiture. Après avoir garé le véhicule, il faut marcher. Car en estive, pour garder les brebis, encore faut-il… les trouver.

Éleveurs, Cyril Cote et son père Daniel se muent ainsi en bergers dès l’arrivée de l’été, mais aussi, en excellents randonneurs.

Un bâton, de bonnes chaussures, et en avant pour la promenade hors des sentiers, à travers les bois et la caillasse.

« On déplace le troupeau en fonction de la nourriture disponible »

Lâchées dans le Pilat après avoir transhumé sur une grosse quinzaine de kilomètres, les bêtes vont ainsi grignoter le site morceau après morceau durant quatre mois, jusqu’à regagner la bergerie de l’exploitation pour être protégées du froid, juste avant l’automne.

« On découpe la montagne en quatre, et ensuite, on déplace le troupeau en fonction de la nourriture disponible, explique Cyril. De l’Hôtel brûlé en juin, où les brebis mangent des ronces, des framboisiers et de jeunes fougères, jusqu’au col de l’Oeillon en juillet, pour les genêts en fleurs. Début août, on les poussera du côté de la Jasserie, pour les nourrir d’herbe de prairie, et enfin, au crêt de la Chèvre, pour la mousse de forêt. »

Ce vendredi-là, c’est entre les deux premières étapes que le berger retrouve ses brebis et ses agneaux qui, depuis leur naissance en avril, ont déjà bien grandi. Comme un chat dans la pénombre, Cyril se dirige d’un pas assuré à travers le Pilat, qu’il connaît comme sa poche : « Je fais ça depuis plus de 20 ans, et on marche jusqu’à 10 kilomètres par jour, alors à force, j’ai l’habitude ! », crie le jeune homme en avançant derrière son troupeau, sous les regards souvent ahuris des promeneurs, qui ne s’attendent généralement pas à voir 500 têtes frisées sortir des fourrés et traverser la route…

Rarement, une brebis s’égare seule. Si cela arrive, elles sont plusieurs, et les bergers les retrouvent grâce à leur cloche. Photo Progrès/Cerise ROCHET4 /15

Pas de prédateur, hormis les chiens sauvages

Pour faire avancer tout ce petit monde dans la bonne direction, le berger s’appuie sur le travail de deux Border Collie qui galopent à pleine vitesse pour encercler les brebis, sur ordre : « Gauche ! Gauche ! Droite ! Devant ! Devant ! Devant ! Derrière ! »… Quatre mots, un peu de coffre, du souffle, et ce vendredi, tout le monde arrivera finalement à bon port.

« Les brebis avancent constamment, elles ont des dents uniquement en bas, ce qui leur permet de manger en marchant. Du coup, elles mangent en permanence. Si jamais certaines s’égarent, on les retrouve grâce à leurs cloches. Dans notre région, elles n’ont quasiment pas de prédateur, hormis les chiens sauvages, qui peuvent faire très mal. Alors, la nuit, elles restent sous la surveillance de notre chien de garde, Neige, qui veille au grain. »

En estive, le chien Neige est chargé de surveiller le troupeau durant la nuit. Photo Progrès/Cerise ROCHET1 /15


Réguler la faune

Installé comme éleveur depuis 1986 à La Terrasse-sur-Dorlay, Daniel Cote n’a pas toujours traversé le Pilat en compagnie de ses bêtes. Mais en 1997, après un séjour dans les Hautes-Alpes, il décide de tenter le coup : utiliser la montagne pour les nourrir durant l’été, et ainsi réussir à les nourrir durant l’hiver avec des céréales produites sur l’exploitation, en quantité suffisante. Les premières années, il a fallu apprendre.

« Mon père s’est entraîné à guider le troupeau pendant un mois, sur les chemins communaux. Puis, on a investi la Jasserie, et en 2004, toute la ligne de crête. Les cinq premières années, on a eu un berger avec nous, puis une bergère. Et ensuite, on s’est lancé en solo », se souvient Cyril. Grâce à un partenariat avec le parc du Pilat, la belle équipe peut ainsi traverser le site naturel sur un principe de donnant-donnant.

«L’objectif est de maintenir le milieu à son niveau»

Car, loin d’aller au hasard, les Cote guident les bêtes conformément à un cahier de pâturage, et contribuent ainsi à la régulation de la faune sauvage : « Aujourd’hui, l’objectif est de maintenir le milieu à son niveau. Ne pas le laisser se refermer, mais le figer tel qu’il est. Parmi tous les terrains que l’on traverse, certains nous appartiennent. D’autres nous sont prêtés. D’autres encore, loués. En 1900, le site comptait 10 bergers, avec chacun 400 brebis et 400 vaches. 120 ans plus tard, sur le secteur, nous sommes les seuls à monter encore en estive, sans parquer les animaux. »


 

 

 

 

 

L’été, Cyril Cote se mue en berger, avec ses brebis et agneaux, marchant jusqu’à 10 kilomètres par jour avec son bâton. Photo Progrès/Cerise ROCHET

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